« Au cœur du Classico Mineiro », suite et fin

Publié le par Aurélien Capella

Le match : Malgré la forte pression qui repose sur les joueurs on assiste à un match très ouvert.
de notre envoyé spécial Aurélien Capella

Dès le coup d’envoi l’Altético se procure la première occasion. Le ton est donné et durant 45 minutes on assiste à un football de gala avec des gestes techniques extraordinaires, des duels de fortes intensités.

L’Atlético prend l’ascendant et se procure un nombre incalculable d’occasions mais se heurte à un Fabio (gardien de Cruzeiro des grands jours) ainsi qu’à quelques erreurs d’arbitrage (un pénalty non sifflé).

« Ramires o artilheiros do jogo », jeune joueur de 22 ans (qui marche sur les traces de Ronaldo, formé à Cruzeiro), Ramires débloque la situation. A la 18e minute de jeu suite à un centre venant de la droite de Thiago Ribeiro, Ramires place le ballon au fond des filets à la suite d’une tête croisée imparable pour le gardien de l’Atlético. Goooooool !!! Cruzeiro !!! Les supporters du club exultent et narguent leurs rivaux. Ces derniers ne tardent pas à répliquer, sous forme de chants provocateurs.

















Cruzeiro contrôle le match et se procure de belles occasions. L’Atlético ne peut que procéder par contre. Les deux équipes peuvent compter sur le soutien sans faille de leurs supporters. Agacé par leur manque d’efficacité devant le but ; l’Atlético perd ses nerfs et Welton Felipe se fait exclure à la 37e minute. La sentence ne se fait pas tarder. Soares double la mise pour Cruzeiro aux 43 minutes. Cruzeiro tient le match mais paradoxalement ce sont les supporters de l’Atlético qui se font le plus entendre.

Au retour des vestiaires Cruzeiro domine. A l’heure de jeu l’ambiance dans les tribunes retombe quelque peu et l’on se dirige droit vers une 9e victoire consécutive de Cruzeiro. Mais c’est sans compter sur la volonté des joueurs de l’Atlético de revenir dans le match. Réussissant à conserver la possession d’un de leurs rares ballons, l’équipe réussit, suite à un beau mouvement collectif, à remonter le terrain et à obtenir un pénalty (61e minute). L’ambiance dans le stade est retrouvée. Diego Tardelli réussit à faire abstraction de l’énorme bronca des du kop de Cruzeiro (en face des buts) au moment de tirer le pénalty. Il s’élance, arrête sa course (ce qui surprend le gardien) et marque. Goooooooool !!! Atlético !!!















L’ambiance dans les tribunes est à son paroxysme. L’hymne de l’Atlético résonne dans le stade. Les supporters enlèvent leurs maillots et les agitent au dessus de leurs têtes.

Cruzeiro semble coincer dans cette fin de partie. Elle gagne en nervosité, multiplie les fautes et additionne les cartons jaunes (6 au total contre 4 pour l’Atlético) et Thiago Ribeiro se fait expulser à la 65e minute. Les deux formations jouent désormais à 10 contre 10.

L’Atlético pousse et Cruzeiro fait le dos rond. Réussissant à se procurer un grand nombre d’occasion l’Atlético pêche dans la finition.
















18 heures, coup de sifflet final. Encore une fois Cruzeiro remporte ce Classico. Sous le contrôle de la « Policia Militaria » le stade se vide. Les supporters de l’Atlético repartent frustrés et les dirigeants du club crient au scandale et s’estiment lésés par l’arbitrage, « Prejudicado pela arbitragem, Atlético perde Classico » (Par la faute de l’arbitrage, l’Atlético perd le Classico) comme titre le site Internet du club. Aux abords du stade c’est une gigantesque marée humaine bleue de supporters qui se met en place. Grâce à son succès, Cruzeiro reste invaincu dans ce Campeonato Mineiro, est devance son dauphin de trois points au classement provisoire. En revanche l’Atlético chute à la 6e place.

Malheureusement et comme on l’attendait ce Classico a été entaché de très nombreux incidents.















Avant le match, un groupe de supporters aux couleurs de l’Atlético, attendant le bus les conduisant au stade, a été victime d’une fusillade orchestrée par 2 individus, à motos, arborant les couleurs de Cruzeiro. Ces derniers ont « tiré dans le tas » touchant deux supporters dont un mortellement. Afficher ses couleurs peut coûter la vie...

D’autres incidents ont éclaté un peu plus tard en plein centre ville, dans le boulevard Savace, où se trouvent de nombreux bars retransmettant le match. Des bombes placées sur des voitures ont explosé à quelques kilomètres de la ville.

Jusqu’au bout de la nuit, aux quatre coins de la ville la Police est intervenue, procédant à de nombreuses arrestations.

C’est ainsi que s’achève, bien tristement ce 10e Classico Cruzeiro – Atlético, un Classico à double visage.

Au vue de ces tragiques événements on en oublierait presque qu’il s’agit d’un match de football.

Ce que je retiens de cet événement sportif (qui réalise 972 856 real de recettes billetteries) est cette ambiance incroyable dans le stade, la prestation de qualité de la part des deux équipes.


La prochaine confrontation entre ces deux équipes sera au cours du Campeonato Brasileiro, où l’Atlético compte bien prendre sa revanche.

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