Euro 2016 : la question des stades
Alors que se pose la question de l’Euro 2016, tour d’horizon des stades en France.
"Ah désormais tu as des vrais sièges au Stadium Nord ! Il y a même des écrans géants". Les stades se modernisent. En témoigne l'étonnement de nom supporter d'ami qui s'en revenait du nord après avoir assisté dans le virage honneur visiteur à un glacial Lille / Bordeaux dominical dans l'escalier 18 au rang T et à la place 13. Du chiffre 13 il en est justement question depuis ce 13 février 2009. La France dépose officiellement sa candidature à l’organisation de l’Euro de football 2016. Une envie, un challenge, un rêve ? Des chiffres sont lâchés : 15 000 emplois, environ 1,5 milliards d’€ d’investissement… Au stade de la nouveauté… c’est l’ère des stades modernes, des enceintes polyvalentes capables d’accueillir aussi bien des rencontres sportives, des concerts, des spectacles ou des séminaires et proposer dans le même temps des loisirs (cinémas, commerces, restaurants), hôtels…
Le but ? Il est un peu basé sur le modèle américain : attirer le public le plus tôt possible au stade par des animations (sur le modèle du Stade Français par exemple) et qu’il y reste plus tard (feu d’artifice…). En un mot : le stade doit être un lieu de « consommation » ! On parle désormais de stade-lieu de vie (et de business). Pour y venir en famille et en toute sécurité. Une révolution pour les amateurs de la simple buvette et des frites à Lens.
La caractéristique française ? Les stades fonctionnent traditionnellement grâce à des fonds publics. Désormais, place à la rentabilité. Le stade est un outil destiné à dégager des revenus. Un rapide calcul nous amène à une durée de vie de 50 à 80 ans pour ce type d'équipement. Cependant, attention à la vitesse d’obsolescence des équipements dans notre ère moderne. On le voit aujourd’hui avec les piscines (piscine olympique ? piscine ludique ?). On pourra arguer que ces stades sont destinés principalement pour les matches de football, sport n°1 en France, convoité par les média (cf. les droits de retransmission du championnat de France qui font principalement vivre le football français).
Exclusivité, enjeux financiers, le foot évolue dans l’ère du développement commercial. Dépendance aux droits TV (prenant part dans plus de 50% du budget annuel !), aléa sportif : le club doit trouver coûte que coûte d’autres sources de financement au cas où l'équipe fanion traverserait une passe sportive délicate. Où la nécessité d’une stratégie marketing aussi claire qu’efficace. Le but ? Attirer des spectateurs, les fidéliser puis en attirer des nouveaux dans le but ultime de dégager des recettes que l’on souhaite toujours augmenter.
Ah le foot ! Vecteur promotionnel numéro 1 en Europe, il est intimement lié à son stade. Le remplir, le faire vivre, le faire vibrer et y faire revenir des milliers de supporters : voilà résumé schématiquement l’obsession des dirigeants de tout club de football. Agrandissement (plus on remplit le stade, plus on vend de billets donc on génère des profits), rénovation (attention aux obstacles structurels : plus c’est confortable, plus les gens sont susceptibles de venir), relations publiques : les intérêts sont variés mais tournés vers le même but. Les fameuses RP ! Les entreprises par le biais du foot louent à l’année des loges dans les stades pour inviter leurs collaborateurs ou leurs meilleurs clients. C’est les « business boxes » en Angleterre. Où comment faire du B to B (business to business).