" Fiers de représenter la France "
Améliorer sa communication, inciter à la création d'initiatives sur le bowling pour les jeunes, établir un plan d'action sur 3 ans, améliorer les conditions d'accueil : le bowling tente d'exister. Difficile à l'heure de l'offre sportive pléthorique de loisirs confrontée bien souvent à une demande marquée par l'effet zapping.
Dans le 4e volet de notre dossier, Anne-Sophie aborde l'aspect marketing de la pratique. Si la diversification des publics (jeunes, femmes, entreprises...) a du bon, elle reste lucide sur son sport. Suite de l'entretien.
-> Entretien avec Anne-Sophie Lechevalier, ex-pensionnaire de l'espace France jeunes.
Parle-nous du 3e stage ?
Anne-Sophie Lechevalier : Le troisième stage visait à souder l’équipe de France sélectionnée (filles et garçons). Nous parlions des objectifs essentiellement. Les affinités étaient testées ; par exemple au championnat d’Europe nous jouons par deux, par trois, puis par cinq. (Nous sommes six dans chaque équipe). Donc les entraîneurs essayent différentes « combinaisons », voient ce qui fonctionne et pourquoi.
Je me souviens que ce stage était différent des autres. Nous ressentions moins cet effet de compétition (entre nous) puisque nous étions déjà sélectionnés. Nous étions donc partagés entre la joie (d’être retenus) et la concentration (dans la préparation).
A Draguignan par exemple, (en 2002) nous n’étions pas logés dans un CREPS (comme les précédents stages), mais dans des chambres plutôt à la campagne. Nous allions courir tous les matins « a jeun ». Nous avions plus de séances de relaxation avec le psychologue. Nous sommes allés une fois à la piscine, et une autre à la plage ! (Chose qui ne pouvait pas se faire dans les autres stages !).
Par contre, une fois en compétition un maximum de repos et d’attention sur le bien-être de chacun. Lorsque les garçons jouaient, nous n’avions pas le droit de rester pour les encourager, et inversement (pour ne pas être fatigués, par le brouhaha du bowling). Même pour l’hôtel : notre DTN (Directeur Technique National) avait fait le choix de ne pas être dans le même hôtel que les autres équipes, pour être plus au calme.
Mais finalement cela a payé puisque en féminine nous avons eu deux médailles de bronze (en triplette et en équipe de cinq), à Rome, en 2002 !
Et donc, une fois là bas, nous étions fiers de représenter la France, de chanter pour elle, etc. Vraiment une expérience unique et inoubliable !!
Penses-tu que le bowling ait besoin d’une politique marketing plus prononcée pour s’ouvrir au plus grand nombre et gagner des licenciés ?
Anne-Sophie Lechevalier : Je pense qu’une politique marketing plus prononcée augmenterait le nombre de pratiquants, mais pas non plus de façon vertigineuse ! Cela parce qu’il n’y a pas grand-chose en terme de médiatisation (merci JJ !) autour ! Ce n’est pas [encore…!?] un sport olympique. C’est un sport professionnel aux Etats-Unis, mais pas en France. Donc le public n’a pas trop de raison de s’y intéresser.
Demain : le développement du bowling