Chronique d'un congé de fin de semaine

Publié le par jjn

Où est passé la verve d'antan ? La cabane est tombé sur le chien, le patois des chaumières ou l'excitation d'un commentateur aussi chauvin qu'attachant...

Aujourd'hui, place aux statistiques les plus froides, aux analyses les plus carrées mais aussi plus pédagogiques et plus poussées. Ce n'est pas demain la veille qu'un commentateur français hurlera pendant une minute le désormais célèbre gooooooooooooooooooooooooooaaaaaaaaaaaal des commentataires sud américains, tout heureux de faire vivre un but. Une question de culture, et de choix ?
























Ce soir, lors de France / Pays de Galles le style différera. Fini les Albaladejo et Pïerre Salviac, tandem historique aux voix inoubliables de nos samedis après-midi. Ils avaient leurs défauts, mais force est de constater que l'on s'en souvient. Fini les Roger Couderc et son Allez les petits historique. Où la priorité aux caractéristiques les plus poussées.

Fini les Thierry Rolland (quoique sur M6 encore) et ses nombreux faits de micro. Brésil 86. Luis Fernandez s'approche pour tirer le pénalty décisif contre le Brésil lors du 1/4 de final du mondial. Et Thierry Rolland lâche sans discontinuer lors de cette séance de tir aux buts : "Allez mon petit bonhomme". Une phrase qui réunit entre autre l'illustration d'un ton familier, populaire et répétitif, plus supporters que commentateurs dans les grands moments. Jean-Michel Larqué (toujours au micro sur TF1) prend la suite en faisant la morale aux journalistes brésiliens après avoir fait passer sa joie au micro avec un tant de retard (ont-ils regardés le pénalty ?) : "Ouiiiiiiiiiiiiiii. Oui 3 fois. Puis Larqué enchaîne : C'est le drame devant nous. Devant nous ils sont attérés. Ils se sont levés souvent. Nous nous levons que pour une fois et c'est la bonne. Nous nous levons une fois et c'est la bonne. Nous nous levons une fois et c'est la bonne. Une fois on se lève messieurs les brésiliens...  Eh oui messieurs il faut se lever à la fin de la bataille et c'est nous les français qui sommes debouts. "). Le parfait exemple du commentaire passion !

A l'époque il n'y avait pas comme de nos jours les 72 matches par semaine proposés par les différentes chaînes hertziennes, TNT ou autres câbles. Le rendez-vous sportif du week-end était rare donc attendu. Le ton s'en ressentait. Seul les grands rendez-vous étaient diffusés.

Sport business, médiatisation à outrance, il est vrai que le contexte a quelque peu évolué. Les 54 caméras placées au bord des terrains ne permettent plus les discussions et les tirades les plus enflammées. En rugby, l'arbitrage vidéo rend son verdict au bout de quelques minutes. Fini les contestations. Les compétitions retransmises se sont inlassablement multipliées, scrutées, disséquées et chiffrées. Il est désormais possible de voir un match (voire plusieurs) chaque jour en jonglant avec les chaînes. Plus professionnel ? Non mais s'appuyant tout simplement sur les outils de notre temps. Et c'est désormais à la radio lors des talk show (souvent exagérés) que l'on retrouve les polémiques et les bons mots d'antan.

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