Superbowl : c'est show !
Et si l'extraordinaire engouement pour le football américain ne se résumait pas à son système de finale disputée sur un match décisif ?
C'est le chanteur américain Bruce Springsteen qui officiera en guest star dimanche à Tampa Bay lors de la finale entre les Cardinals d'Arizona et les Steelers de Pittsburgh. Pour donner le désormais célèbre mini-concert de la mi-temps du Superbowl, "Le boss" sera accompagné par son E Street Band et sera suivi par des centaines de millions d'Américain devant leur petit (grand, plat ?) écran de télévision.
Le 43e Superbowl de l'histoire proposera comme à son habitude la recette gagnante. Le spectacle sera total. Célébrations les plus déjantées, organisation minutée, show poussé à l'extrême : bienvenue dans l'événement sportif le plus populaire made in USA. Mais pourquoi ?
Si le foot US peut s'enorgueillir du titre de sport le plus populaire du pays, il faut creuser du côté de son système de finale pour comprendre le phénomène. Légende, mythe ou autre suspenses se construisent au fil du temps lors de scenarii les plus improbables. En ça, le foot US se démarque des autres disciplines. Il est plutôt bien servi par son système de finale unique qui permet de maximiser l'incertitude sportive. En effet, tout est possible sur un match.
La finale du championnat américain se dispute entre le vainqueur de la Conférence Est et celui de la Conférence Ouest. Jusque là rien de révolutionnaire. Il décerne chaque année le Vince Lombardi Trophy. Il représente l'événement de l'année pour les américains à la télévision. Où la reconnaissance du bienfait d'un match unique en finale, basé sur le même modèle que la finale du championnat de France de rugby.
Tout se joue sur un match. Et le public aime ça. Un match où tout est possible, voilà la recette du succès. Fini les finales au meilleur des 7 matches type NBA. De quoi s'y perdre. Bienvenue dans le match couperet où la glorieuse incertitude du sport est placée au centre du dispositif, le tout saupoudré par un marketing habile. C'est LE match de l'année. Le vainqueur est champion. Où l'éloge de la simplicité. Emotion, proposition d'extraordinaire, mise en situation : c'est l'immersion dans le show Superbowl. Le berceau de tous les rêves, le jour très spécial, la symbolique : c'est cette nuit.
Les annonceurs l'ont bien compris. Ils en profitent. Les secondes de publicités s'arrachent à des prix exhorbitants. La raison ? Toute l'Amérique (ou presque) est devant sa télévision, donc exposée au message publicitaire. Les 30 secondes avoisinnent les 3 millions de $.