Vidéo dans le foot : un débat qui nous rend las
Flop 2008
Vidéo dans le foot
Bilan -> Le débat est récurrent chaque saison suite à une énième erreur d'arbitrage sur un but refusé. La fraction de seconde n'est pas nécessaire à l'oeil nu de l'arbitre pour juger. Revient le débat sur la vidéo dans le foot, outil favorisant la bonne prise de décision. 2008 a été marqué par le sujet en question ... qui n'avance pas.
But, pas but ? Match volé, équipe flouée, arbitrage dénoncé. On n'en peut plus de ces débats récurrents qui reviennent chaque années tels des marronniers nous empêchant de nous ennuyer. Alors pour ou contre ? Mais que l'on se décide !
Les enjeux économiques sont tels qu'ils donnent à telle ou telle décision un poids bien souvent considérable pour l'avenir d'un club et de ses salariés.
Alors que fait-on ? Vidéo ou non ? Suit-on les évolutions technologiques du XXIe siècle ? Michel Platini, le président de l'UEFA, n'en est pas un fervent partisan. Egalité pour tous qu'ils nous disent. C'est sûr que les moyens techniques mis à disposition d'un Barça / Madrid au Camp Nou sont les mêmes que pour une finale de district au Paraguay... Passons. Il faut prendre une décision, sous peine d'indigestion ... et de répétition. En Ligue 1, Marseille s'est récemment plaint d'un hors jeu imaginaire contre Lorient. Paris s'est ému d'un but refusé et parfaitement valable contre Valenciennes. Le point positif ? C'est qu'au moins, il n'y a pas de jaloux.
Si l'on revient quelques années en arrière la situation ne change pas. Ou si peu. Quatre arbitres de champ dont 2 derrière les buts règleraient-ils le problème ? L'oeil est humain. La vitesse à laquelle part le ballon empêche bien souvent de prendre une juste décision durant la fraction de seconde allouée à l'analyse. Les années passent, le débat demeure.
Dans le rugby et le tennis (hawk-eye ou oeil de faucon), cette technologie a déjà fait son apparition sans pour autant dénaturer les rencontres. L'assistance vidéo à l'arbitrage permet de visionner à nouveau l'action pour tenter de prendre la bonne décision. Parfois il arrive que le match soit interrompu plusieurs minutes histoire de bien tout visionner. L'arbitre arrête la partie lors d'une action litigieuse dans l'en-but. Au tennis, le joueur demande l'appui de la vidéo sur une balle qu'il conteste. Il arrive même que les images ne soient d'aucun secours. C'est possible effectivement, mais que cessent ces débats qui nous rendent las. Le débat est sans fin.
Mais tout ne s'arrête pas là. Rentre en jeu les média. A la base avec une intention louable (analyser, tout analyser), ils deviennent désormais les vrais arbitres de ce jeu. A combien de reprises avons-nous lu dans une édition du journal du lendemain de match qu'il y avait effectivement bien but ou hors-jeu imaginaire ? A combien de reprise avons-nous vus le ralenti d'une action passer en boucle sur les télés du monde entier ? Il est bien là le problème. Le foot vit dans un système à deux vitesses : sur le terrain, à vitesse réelle, et dans les tribunes ou devant sa télévision avec 24 caméras à disposition pour décortiquer l'action. Le téléspectateur est au coeur de l'action. Toujours la course à la sophistication ! La perception n'est plus la même. Fossé creusé. Débat relancé.Les média devraient jouer un certain rôle de médiateur dans l'histoire. Bien souvent ils enveniment la situation. Et ça, c'est plus embettant. Gros plans, ralentis précis, la télévision, la radio ou les journaux jouent sur l'émotion. Que l'on ne s'étonne donc pas si trop souvent la passion dépasse la raison.
Mais n'est-ce pas bien français de râler ? Ce serait triste d'y déroger.