Baseball français : une question de culture

Publié le par JJ NUNEZ

Sport numéro 1 aux Etats-Unis et au Japon, le base-ball est pratiqué dans l'indifférence en France. Une question de culture.

Ce n'est pas demain la veille qu'un (futur) président de la République commettra une bourde au sujet de baseball. En supportant à la fois les Chicago White Sox et Philadelphie, Barack Obama a fait débat lors de la campagne pour l'élection présidentielle américaine. Soutenir 2 équipes concurrentes ? Un crime de lèse-majesté que s'est empressée de reprendre et de détourner le Daily Show, célèbre émission US.

Le baseball est une affaire sérieuse Outre-Atlantique. En France, en revanche, qui se soucie de savoir que ce sont les Huskies de Rouen qui remportèrent le dernier championnat de France ? Personne ou plutôt un embryon de passionnés initiés à l'art du strike out et du home run. C'est comme si on demandait à un américain de nous expliquer les règles de la pelote basque...

La fédération, la FFBS, date pourtant de 1924. Une fédération "historique" qui apparaît comme un petit poucet tant ses 10 000 licenciés ne pèsent pas lourd face aux monstres sacrés que sont le football ou autres sports plus "traditionnels" dans l'Hexagone. Nous sommes bien loin des World Series, la finale américaine.

Le problème majeur est culturel. Ce sport est américain, résultat de tout un processus historique (ses régles ayant été codifiées à la fin du XVIIIe siècle aux Etats-Unis). Il fait partie intégrante de la culture US. Les modes de vies, les moeurs, les valeurs et les loisirs y sont différents. Les clubs y sont professionnels et ses franchises sont accueillies dans le championnat non sur des critères sportifs mais financiers. Côté infrastructures, les stades US sont de gigantesques parcs de loisirs multifonctions sponsorisés par des sponsors qui usent du naming, comme le Minute Maid Park des Astros de Houston.

Il n'est guère nécessaire de rentrer dans les détails pour comprendre qu'il y a la planète mars et le baseball français.


Pour tenter de se développer (clubs, Ligues, Comités), les dirigeants de la fédé ont établi un projet fédéral courant de 2004 à 2008, ciblant les axes à améliorer. Le but ? Mettre en place un programme adapté aux réalités économiques et administratives de leurs régions. L'amélioration de la communication est en tête de liste. Refonte du site internet, création d'une charte graphique, développement de la boutique fédérale sont autant de pistes creusées pour valoriser la pratique tout en favorisant la création de clubs. En France nous dénombrons actuellement quelque 250 formations. Avec ses petits moyens (environ 1,2 M€ selon le CNOSF), la FFBS tente de se développer. Elle essaye depuis plusieurs années d'élargir ses offres de pratique pour toucher un nouveau public. Un véritable challenge en plus du frein interculturel.

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